Entrepreneuriat

Comment immatriculer son entreprise en France en 2024

Depuis 2023, le guichet unique de l'INPI remplace les CFE. Guide complet pour immatriculer votre EI, SARL ou SAS : démarches, documents et délais.

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Comment immatriculer son entreprise en France en 2024

Immatriculer son entreprise, c'est lui donner une existence légale. Sans immatriculation, vous ne pouvez pas facturer, embaucher, ouvrir un compte professionnel ou signer des contrats en bonne et due forme. Depuis le 1er janvier 2023, la France a profondément simplifié ce processus en centralisant toutes les démarches sur un seul portail en ligne, géré par l'INPI. Fini les circuits multiples entre le tribunal de commerce, la Chambre de Métiers et l'URSSAF. Voici comment ça fonctionne concrètement et comment éviter les erreurs qui retardent votre immatriculation.

Le guichet unique INPI : la révolution de 2023

Depuis le 1er janvier 2023, le portail formalites.entreprises.gouv.fr est devenu le passage obligatoire pour toutes les formalités de création, modification et cessation d'entreprise en France. Ce guichet unique, opéré par l'Institut National de la Propriété Industrielle (INPI), remplace les anciens Centres de Formalités des Entreprises (CFE) : le greffe du tribunal de commerce, la Chambre des Métiers et de l'Artisanat (CMA), la Chambre de Commerce et d'Industrie (CCI) et l'URSSAF.

Concrètement, vous déposez votre dossier une seule fois en ligne. Le guichet unique le transmet ensuite automatiquement aux organismes concernés : URSSAF, greffe, impôts, INSEE pour l'attribution du SIRET. Cette centralisation a considérablement réduit les délais et supprimé la saisie multiple des mêmes informations sur différents formulaires. La procédure est entièrement dématérialisée et obligatoire pour toutes les structures, sans exception.

Bon à savoir

Le guichet unique ne remplace pas un accompagnement humain si vous en avez besoin. Les CCI et CMA restent disponibles pour vous guider avant le dépôt en ligne, notamment via leurs services de conseil à la création d'entreprise, souvent gratuits pour les porteurs de projet.

Immatriculation d'une EI ou micro-entreprise : la procédure simplifiée

L'Entreprise Individuelle (EI), qui englobe désormais l'ancien statut d'auto-entrepreneur sous l'appellation micro-entreprise, bénéficie de la procédure la plus légère. Depuis 2022, la distinction entre EI classique et EIRL a été supprimée : toutes les entreprises individuelles bénéficient automatiquement d'une séparation de patrimoine entre les biens professionnels et personnels.

Les documents à préparer sont peu nombreux. Il faut une pièce d'identité en cours de validité (carte nationale d'identité ou passeport), un justificatif de domicile du chef d'entreprise (facture d'énergie, quittance de loyer de moins de trois mois), et dans certains cas une déclaration sur l'honneur de non-condamnation. Si vous exercez une activité réglementée (coiffeur, électricien, agent immobilier), vous devrez aussi joindre la copie de votre diplôme ou qualification professionnelle.

Le délai d'immatriculation est très rapide pour une EI : en moyenne 24 à 48 heures après validation du dossier complet. Le coût est nul depuis la réforme de 2023, l'immatriculation des entreprises individuelles est entièrement gratuite en France. Une fois immatriculé, vous recevrez par email votre numéro SIRET (14 chiffres : les 9 du SIREN auxquels s'ajoutent 5 chiffres d'établissement). Ce numéro est à mentionner obligatoirement sur toutes vos factures et devis.

Immatriculation d'une SARL ou d'une SAS : les étapes à respecter

Pour les sociétés (SARL, EURL, SAS, SASU, SA...), la procédure est plus complexe et comporte plusieurs étapes préalables indispensables avant de pouvoir soumettre le dossier sur le guichet unique.

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    Rédiger les statuts

    Les statuts définissent les règles de fonctionnement de la société : objet social, capital, répartition des parts, modalités de prise de décision. Pour une SARL, des statuts types existent. Pour une SAS, la liberté statutaire est plus grande mais nécessite une rédaction soignée, idéalement par un avocat ou un expert-comptable.

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    Ouvrir un compte bancaire dédié et déposer le capital

    Le capital social doit être déposé sur un compte professionnel bloqué avant l'immatriculation. La banque délivre une attestation de dépôt de fonds indispensable au dossier. Le capital minimum légal est de 1 euro, mais un capital cohérent avec l'activité (5 000 à 10 000 euros minimum en pratique) rassure les partenaires commerciaux.

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    Publier l'avis de constitution dans un journal d'annonces légales

    Toute création de société doit faire l'objet d'une publication dans un journal habilité (JAL) ou sur une plateforme en ligne agréée. Le coût varie entre 150 et 250 euros selon le département. Vous recevrez en retour une attestation de parution à joindre au dossier.

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    Déposer le dossier sur le guichet unique

    Une fois ces étapes réalisées, vous constituez votre dossier en ligne sur formalites.entreprises.gouv.fr avec tous les justificatifs numérisés et vous réglez les frais de greffe (60 à 100 euros).

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    Recevoir le Kbis et débloquer le capital

    Après vérification par le greffe du tribunal de commerce, vous recevez l'extrait Kbis, la carte d'identité officielle de votre société. Présentez-le ensuite à la banque pour débloquer le capital et commencer à l'utiliser.

Les documents requis selon la forme juridique

DocumentEI / MicroSARL / SAS
Pièce d'identité gérantOuiOui (tous associés)
Justificatif de domicileOuiOui (siège social)
Statuts signésNonOui
Attestation dépôt capitalNonOui
Attestation parution JALNonOui
Diplôme si activité réglementéeOui si requisOui si requis

Délais et coûts d'immatriculation

Les délais varient sensiblement selon la forme juridique et la qualité du dossier déposé. Un dossier incomplet entraîne systématiquement des allers-retours qui peuvent rallonger le processus de plusieurs semaines.

Pour une EI ou micro-entreprise, comptez 24 à 72 heures une fois le dossier validé. Le guichet unique est réputé pour sa rapidité sur ce type de dossiers simples. La création d'une micro-entreprise sur formalites.entreprises.gouv.fr prend généralement moins de 30 minutes si vous avez tous vos justificatifs sous la main.

Pour une SARL ou SAS, le délai global de la rédaction des statuts à la réception du Kbis est de 1 à 3 semaines en moyenne. Les frais de greffe sont de l'ordre de 60 à 100 euros. Ajoutez la publication de l'avis de constitution (150 à 250 euros) et les honoraires du rédacteur des statuts si vous faites appel à un professionnel (300 à 1 500 euros selon la complexité).

0 €Coût immatriculation EI depuis 2023
60-100 €Frais de greffe SARL/SAS
48hDélai moyen pour une EI

SIRET, SIREN et Kbis : comprendre les identifiants officiels

Une fois immatriculée, votre entreprise reçoit plusieurs identifiants officiels qu'il est essentiel de distinguer. Le numéro SIREN est un identifiant unique à 9 chiffres attribué par l'INSEE à chaque entreprise. Il identifie la personne morale ou physique, quel que soit le nombre d'établissements qu'elle possède.

Le numéro SIRET est une extension du SIREN : il comprend les 9 chiffres du SIREN auxquels s'ajoutent 5 chiffres identifiant chaque établissement (le NIC, Numéro Interne de Classement). Une entreprise avec plusieurs établissements possède donc plusieurs SIRET mais un seul SIREN. C'est le SIRET qui doit figurer sur vos factures et devis.

L'extrait Kbis est le document officiel délivré par le greffe du tribunal de commerce qui atteste de l'existence légale d'une société commerciale. Il mentionne la dénomination sociale, l'adresse du siège, le capital, l'objet social, les dirigeants et le numéro RCS (Registre du Commerce et des Sociétés). Le Kbis est souvent exigé par les banques, les clients publics et les partenaires commerciaux. Il est renouvelable en ligne sur infogreffe.fr pour environ 3,70 euros.

Les cas particuliers : artisans et professions réglementées

Certains secteurs d'activité impliquent des immatriculations ou déclarations supplémentaires. Les artisans (plombiers, électriciens, boulangers, coiffeurs) doivent s'immatriculer au Registre National des Entreprises (RNE), qui centralise depuis 2023 l'ancien Répertoire des Métiers. Une qualification professionnelle (CAP, BEP, brevet de maîtrise ou 3 ans d'expérience justifiée) est exigée dans de nombreux métiers artisanaux.

Les activités réglementées comme l'immobilier (carte professionnelle T ou G), l'assurance (agrément ORIAS), la santé (inscription à l'ordre professionnel) ou la sécurité privée (autorisation préfectorale) nécessitent des autorisations spécifiques à obtenir en parallèle de l'immatriculation. Sans ces agréments, l'exercice est illégal même si l'entreprise est correctement immatriculée sur le guichet unique.

Pour les commerçants, l'immatriculation au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS) est automatiquement réalisée via le guichet unique lors de la création. Il n'y a plus de démarche séparée depuis la réforme de 2023, ce qui simplifie considérablement les formalités de démarrage.

Attention

Le guichet unique INPI a connu des bugs techniques lors de son lancement en 2023. Si votre dossier reste bloqué sans réponse au-delà de 5 jours ouvrés, contactez directement le greffe de votre tribunal de commerce ou l'INPI au 0 800 886 033 (numéro gratuit). Conservez toujours une copie de votre accusé de réception de dépôt.

Peut-on immatriculer son entreprise depuis l'étranger ?

Oui, le portail formalites.entreprises.gouv.fr est accessible depuis l'étranger. Cependant, votre entreprise doit avoir un siège social en France (adresse d'un local commercial, d'une société de domiciliation ou de votre domicile si permis par votre bail). Un ressortissant non-européen devra aussi vérifier s'il a besoin d'une autorisation spécifique pour exercer une activité commerciale en France.

Quelle est la différence entre une SARL et une SAS pour l'immatriculation ?

La procédure d'immatriculation est identique. La différence, qui pèse aussi dans le choix entre les structures juridiques, réside dans la rédaction des statuts : ceux d'une SARL sont plus encadrés par la loi (moins de liberté statutaire) mais moins coûteux à rédiger. Les statuts d'une SAS offrent beaucoup plus de flexibilité (clause de préemption, droit de suite, conditions d'entrée des investisseurs) mais nécessitent généralement l'intervention d'un avocat spécialisé en droit des sociétés.

Peut-on exercer son activité avant de recevoir le Kbis ?

Pour une micro-entreprise, techniquement oui dès réception du numéro SIRET provisoire par email. Pour une société, il est fortement déconseillé de facturer avant d'avoir le Kbis officiel, car la société n'a pas encore d'existence légale. Il est possible de signer des contrats sous la formule "pour le compte de la société en cours de constitution", mais cette mention doit figurer explicitement sur les documents.

Comment modifier ou radier son immatriculation ?

Toutes les modifications (changement de siège, de gérant, d'objet social) et les cessations d'activité se font désormais aussi via le guichet unique sur formalites.entreprises.gouv.fr. Les délais et frais varient selon la nature de la modification. La radiation d'une micro-entreprise est gratuite et effective en quelques jours ouvrés.