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Stellantis (ex-PSA) : histoire, marques, salaires et recrutements

De PSA à Stellantis : comment est né le 3e constructeur automobile mondial. Marques, stratégie, salaires et conseils pour postuler chez Stellantis en 2025.

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Stellantis (ex-PSA) : histoire, marques, salaires et recrutements

Le 16 janvier 2021, la fusion entre le groupe PSA (Peugeot Société Anonyme) et FCA (Fiat Chrysler Automobiles) donnait naissance à Stellantis, un groupe automobile qui bousculait immédiatement les hiérarchies du secteur. En quelques mois, ce nouvel ensemble devenait le quatrième constructeur automobile mondial par les volumes de vente, concentrant sous un même toit quatorze marques et près de 280 000 salariés répartis sur tous les continents. Comprendre Stellantis, c'est comprendre comment deux groupes fragilisés par des marchés en mutation ont choisi de fusionner leurs forces pour survivre à la transition électrique et à la concurrence des constructeurs asiatiques.

L'essentiel

Stellantis NV est le groupe né de la fusion PSA-FCA finalisée en janvier 2021. Son siège social est établi à Amsterdam (Pays-Bas). Il rassemble 14 marques automobiles dont Peugeot, Citroën, DS, Opel, Fiat, Chrysler, Jeep, Dodge, Ram, Maserati et Alfa Romeo. En 2023, le groupe a enregistré un chiffre d'affaires de 189 milliards d'euros et un bénéfice net ajusté de 18,6 milliards d'euros.

De PSA et FCA à Stellantis : la logique de la fusion

PSA Group avait lui-même connu une histoire mouvementée avant la fusion. Né de la famille Peugeot au XIXe siècle, il avait absorbé Citroën dans les années 1970, puis racheté Opel et Vauxhall à General Motors en 2017 sous la direction de Carlos Tavares. Cette acquisition, considérée comme risquée au moment de son annonce, avait été menée à bien avec une efficacité impressionnante : Opel, qui perdait de l'argent depuis quinze ans chez GM, était redevenu rentable en moins de deux ans chez PSA.

FCA, de son côté, était l'héritier de la longue histoire de Fiat, fondée en 1899 à Turin. Après avoir racheté Chrysler en 2014, la famille Agnelli (via le holding Exor) dirigeait un ensemble hétérogène, puissant sur les pickups américains (Ram) et les SUV (Jeep) mais fragile sur les voitures européennes et les véhicules électriques. La mort soudaine de Sergio Marchionne, le PDG charismatique du groupe, en 2018, avait fragilisé la vision stratégique à long terme.

L'idée d'une fusion entre PSA et FCA a germé fin 2019, poussée par l'ampleur des investissements nécessaires pour développer les plateformes électriques, les logiciels embarqués et les systèmes de conduite autonome. Aucun constructeur de taille moyenne ne pouvait absorber ces coûts seul. La fusion a été confirmée en décembre 2019, approuvée par les autorités de concurrence européennes, et finalisée en janvier 2021 malgré la pandémie de Covid-19.

14 marques, une seule stratégie de montée en gamme

L'une des questions les plus débattues lors de la fusion concernait la gestion d'un portefeuille aussi large. Avec quatorze marques couvrant des segments aussi différents que les utilitaires Dodge Ram aux États-Unis, les citadines Fiat 500 en Europe et les Maserati de luxe, le risque de cannibalisation et de dilution des identités de marque était réel.

La réponse de Carlos Tavares, PDG de Stellantis jusqu'à sa démission en décembre 2024, a été de segmenter clairement le portefeuille et de pousser chaque marque vers le haut de gamme pour améliorer les marges. Jeep a été repositionné comme une marque premium mondiale, Alfa Romeo s'est recentrée sur des modèles au design fort et aux prix relevés, DS Automobiles a été renforcée comme marque de luxe française face à la concurrence allemande.

Région principaleMarques
Europe / marché mondialPeugeot, Citroën, DS Automobiles, Opel/Vauxhall, Fiat, Lancia, Alfa Romeo, Maserati, Abarth
Amérique du NordChrysler, Dodge, Jeep, Ram

Le défi de la transition électrique

La transition vers les véhicules électriques est la principale raison d'être de Stellantis. Les réglementations européennes imposent la fin des ventes de véhicules thermiques neufs en 2035. Pour y répondre, le groupe a développé la plateforme STLA (Stellantis), déclinée en quatre variantes selon la taille des véhicules (Small, Medium, Large, Frame). Ces plateformes partagées entre plusieurs marques permettent de mutualiser les coûts de développement, exactement comme chez Volkswagen Group avec la plateforme MEB.

L'objectif affiché par le groupe est d'atteindre 100 % de ventes électriques en Europe et 50 % en Amérique du Nord d'ici 2030. Pour financer cet objectif, le groupe a signé des partenariats avec plusieurs acteurs des batteries : une joint-venture avec Samsung SDI pour une gigafactory aux États-Unis, un accord avec ACC (Automotive Cells Company, co-développée avec TotalEnergies et Mercedes) pour l'Europe.

Cependant, 2024 a été une année difficile pour le groupe. Les ventes ont ralenti dans plusieurs marchés clés, notamment aux États-Unis où les stocks ont grossi et en Europe où la demande pour les véhicules électriques a déçu les attentes initiales. Le groupe a enregistré une chute de son bénéfice net et Carlos Tavares, PDG depuis la création de Stellantis, a démissionné en décembre 2024, plusieurs mois avant la fin prévue de son mandat. La famille Agnelli (Exor) a repris le contrôle plus direct des destinées du groupe.

Perspective stratégique

La force de Stellantis par rapport à ses concurrents directs (Volkswagen Group, Toyota, GM) est sa diversité géographique et la profitabilité historiquement élevée de ses opérations nord-américaines (Jeep et Ram génèrent des marges très supérieures à la moyenne). Sa faiblesse est le retard pris sur les voitures électriques compactes abordables en Europe, segment où Renault et Volkswagen ont pris de l'avance.

Salaires chez Stellantis

Les niveaux de rémunération au sein de Stellantis varient considérablement selon le pays, le statut (ouvrier de production, ingénieur, cadre), et la marque ou la filiale. En France, les salaires des postes techniques et cadres se situent dans la moyenne haute de l'industrie automobile, un secteur historiquement bien rémunéré grâce à la forte présence syndicale et aux accords d'entreprise.

Un ingénieur débutant (bac+5, école d'ingénieur ou master) peut espérer un package de départ compris entre 38 000 et 48 000 euros bruts annuels dans les centres techniques français (Vélizy pour PSA historique, Turin pour le pôle FCA). Un chef de projet senior avec dix ans d'expérience peut atteindre 65 000 à 80 000 euros bruts. Les postes à responsabilité internationale (program manager, directeur de marque) dépassent régulièrement les 100 000 euros de package total.

Pour les profils commerciaux et marketing, les rémunérations sont similaires mais avec une part variable plus importante, indexée sur les objectifs de ventes. Les postes en finance ou stratégie corporate (au siège d'Amsterdam) tendent à être encore mieux rémunérés, dans une grille plus proche des standards des multinationales anglo-saxonnes.

Recrutements et stages chez Stellantis

Stellantis recrute en permanence dans plusieurs domaines prioritaires : ingénierie électrique et batterie, logiciels embarqués et connectivité, données et intelligence artificielle, finance internationale et contrôle de gestion. Depuis la fusion, les besoins en compétences "software" ont explosé : le groupe ambitionne de devenir une « entreprise de technologie de mobilité » autant qu'un constructeur traditionnel.

Les stages et VIE (Volontariat International en Entreprise) représentent l'un des meilleurs vecteurs d'entrée dans le groupe, notamment pour les étudiants en dernière année d'école d'ingénieur ou de management. Les stages durent généralement cinq à six mois et peuvent déboucher sur une offre d'embauche directe. Les VIE, d'une durée de 12 à 24 mois, permettent de travailler dans une filiale étrangère (Italie, États-Unis, Allemagne, Royaume-Uni…) avec une indemnité mensuelle fixée par Business France selon le pays d'affectation.

Les offres sont centralisées sur le portail global careers.stellantis.com. Il est conseillé de candidater directement sur la marque ou la filiale qui correspond à son projet professionnel : postuler à Peugeot, Jeep ou Maserati via le même portail donne accès aux opportunités spécifiques à chaque entité.

Stellantis et PSA Groupe sont-ils la même chose ?

Non. PSA Groupe (Peugeot Société Anonyme) était un constructeur automobile français qui comprenait Peugeot, Citroën, DS, Opel et Vauxhall. En janvier 2021, PSA a fusionné avec FCA (Fiat Chrysler Automobiles) pour former Stellantis NV, une nouvelle entité juridique cotée à Amsterdam, Paris et New York. PSA en tant qu'entité autonome a cessé d'exister lors de cette fusion.

Où est le siège de Stellantis ?

Le siège social de Stellantis NV est légalement établi à Amsterdam, aux Pays-Bas. C'est une construction juridique courante pour les grandes fusions transnationales, qui permet d'optimiser la gouvernance entre actionnaires de plusieurs nationalités. Opérationnellement, les principaux centres de décision restent à Paris (activités ex-PSA) et à Turin (activités ex-FCA).

Quelles marques appartiennent à Stellantis ?

Stellantis possède 14 marques automobiles : Peugeot, Citroën, DS Automobiles, Opel, Vauxhall, Fiat, Abarth, Lancia, Alfa Romeo, Maserati (côté européen et historique) et Chrysler, Dodge, Jeep, Ram (côté nord-américain). Chaque marque conserve son positionnement et son identité propre, mais partage des plateformes et des technologies communes avec les autres marques du groupe.

Stellantis traverse une période charnière en 2025. Le groupe dispose d'un portefeuille de marques sans équivalent dans l'industrie automobile, d'une solidité financière construite sur plusieurs années de marges élevées, et des ressources nécessaires pour financer la transition électrique. Mais la complexité de gérer quatorze marques, la pression concurrentielle des constructeurs chinois sur tous les segments de prix, et les incertitudes sur le rythme d'adoption des véhicules électriques en font l'un des cas d'école les plus fascinants du monde des affaires actuels.