Définitions marketing

Merchandising : définition, techniques et objectifs

Le merchandising regroupe toutes les techniques de mise en valeur des produits en point de vente. Découvrez les 5B, les types, le visual merchandising et l'e-merchandising.

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Merchandising : définition, techniques et objectifs
Merchandising

Le merchandising désigne l'ensemble des techniques qui permettent de présenter, mettre en valeur et vendre efficacement des produits en point de vente, physique ou digital. Son objectif est d'optimiser chaque centimètre carré d'espace commercial pour maximiser les ventes et l'expérience client.

Avez-vous déjà remarqué qu'IKEA vous fait traverser la totalité de son magasin avant de pouvoir accéder aux caisses ? Ou que les fleurs et les fruits se trouvent systématiquement à l'entrée des supermarchés, et non au fond ? Ces décisions ne sont pas le fruit du hasard. Elles relèvent d'une science précise, le merchandising, dont les principes ont été formalisés aux États-Unis dans les années 1950 et n'ont cessé de se perfectionner depuis.

Le merchandising, c'est l'art de faire vendre les produits par eux-mêmes, sans vendeur présent pour argumenter. Dans un libre-service, 76% des décisions d'achat se prennent dans le magasin lui-même, souvent influencées par la position, la présentation et le contexte dans lequel le produit se trouve. Un produit bien merchandisé peut voir ses ventes augmenter de 20 à 300% par rapport à la même référence mal positionnée sur le même rayon.

La règle des 5B : le fondement du merchandising

Le merchandising repose sur un principe structurant que les professionnels du secteur résument par la règle des 5B. Ces cinq conditions doivent être réunies simultanément pour qu'un produit performe en point de vente.

Le bon produit : l'assortiment doit correspondre aux besoins et aux attentes des clients de ce point de vente spécifique. Un hypermarché en zone urbaine aisée et un supermarché de centre-ville populaire n'auront pas le même assortiment idéal, même pour la même enseigne.

La bonne place : l'emplacement dans le linéaire ou dans le magasin est déterminant. Les produits situés au niveau des yeux (entre 1,20 m et 1,70 m de hauteur) se vendent en moyenne deux fois mieux que les mêmes produits placés au sol ou en hauteur. La zone de prédilection pour les marques qui veulent maximiser leurs ventes est le "niveau or", directement dans le champ de vision naturel.

Le bon moment : le merchandising saisonnier est une application directe de ce principe. Les bouées ne s'exposent pas en janvier, et les bûches de Noël n'apparaissent pas en juillet. Mais le bon moment va plus loin : certains produits se vendent mieux le matin (yaourts, café), d'autres l'après-midi ou le week-end. Les enseignes les plus avancées adaptent même leur exposition à l'heure de la journée.

La bonne quantité : le facing (nombre de rangées d'un même produit côté à côté) influence directement la visibilité et la vente. Un produit avec un facing d'une seule unité est presque invisible. Un facing de 3 à 5 facettes est généralement le minimum pour qu'un produit soit perçu et sélectionné. La gestion des ruptures de stock (out-of-stock) est aussi une dimension critique : un rayon vide coûte de l'argent et nuit à l'image de l'enseigne.

Le bon prix : l'affichage du prix, sa lisibilité et sa perception de rapport qualité-prix font partie intégrante du merchandising. Des techniques comme la comparaison de prix, les étiquettes de promotion bien visibles ou les prix barrés influencent significativement les décisions d'achat.

Les types de merchandising

Les professionnels distinguent plusieurs dimensions du merchandising, qui correspondent à des problématiques et des métiers différents au sein d'une organisation commerciale.

Le merchandising de présentation s'intéresse à la façon dont les produits sont physiquement mis en scène : rangements, facings, dispositions verticales ou horizontales, utilisation des têtes de gondole et des zones spéciales. C'est le plus visible pour le consommateur.

Le merchandising de gestion est analytique et financier. Il s'appuie sur les données de ventes pour optimiser le rendement de chaque mètre de linéaire, arbitrer entre les références à conserver, développer ou supprimer, et calculer la rentabilité de chaque implantation. C'est un travail souvent réalisé avec des logiciels spécialisés comme Spaceman ou JDA.

Le merchandising de séduction travaille sur l'atmosphère et l'émotion. Odeurs (le célèbre marketing olfactif de certaines boulangeries en entrée de supermarché), musique d'ambiance, éclairage ciblé, décoration thématique... Tout ce qui crée une ambiance propice à l'achat et renforce l'image de l'enseigne relève de cette dimension.

Enfin, le visual merchandising se concentre spécifiquement sur l'aspect visuel et esthétique. Il est particulièrement développé dans la mode et le luxe, où la mise en scène des vitrines et des tables de présentation est un véritable acte créatif. Les vitrines de Galeries Lafayette ou de Louis Vuitton avenue des Champs-Elysées sont des exercices de visual merchandising poussés à leur paroxysme.

TechniqueContexte physiqueÉquivalent digital
Facing produitNombre de rangées côte à côteTaille de l'image produit dans les listings
Zone chaude vs froideCirculation naturelle en magasinAbove the fold vs scroll profond
Tête de gondoleExtrémité d'un rayon, très visibleBannière homepage, slider de mise en avant
Cross-merchandisingProduits complémentaires côte à côte"Fréquemment achetés ensemble" (Amazon)
PLV et balisageSignalétique et présentoirs in-storeBadges promo, éléments de réassurance fiche produit
AssortimentChoix des références en linéaireFiltres, tri par pertinence, recommandations

Zones chaudes et zones froides : comprendre la circulation client

L'un des concepts les plus puissants du merchandising est la notion de zones chaudes et zones froides au sein d'un magasin. Elle repose sur l'observation que les clients ne circulent pas de manière aléatoire : leurs déplacements suivent des patterns prévisibles qui créent des zones de forte et de faible fréquentation.

Les zones chaudes sont les emplacements naturellement fréquentés, sans effort de la part du retailer. L'entrée du magasin, les allées principales, les abords des caisses et les zones proches des rayons à forte rotation (pain, lait, produits de première nécessité) sont structurellement chauds. Les produits qui génèrent déjà un bon chiffre d'affaires y sont placés pour maximiser l'exposition à l'ensemble des clients.

Les zones froides sont les recoins peu fréquentés : fonds de rayon, angles morts, étages supérieurs dans les espaces à deux niveaux. Les enseignes utilisent plusieurs stratégies pour "chauffer" ces zones : y placer des produits d'appel (promotions très attractives), créer des ruptures visuelles qui forcent l'arrêt du regard, ou y installer des espaces de service (coin salon, espace enfants) qui amènent naturellement des clients.

IKEA a porté la manipulation des flux clients à un niveau d'ingénierie rarement atteint. Le parcours imposé force le visiteur à traverser la totalité du magasin, transformant des zones naturellement froides en zones de découverte. Ce design génère des achats d'impulsion massifs : des études montrent que les clients IKEA achètent en moyenne 2,2 articles non prévus par visite, soit l'un des taux d'achat impulsif les plus élevés du retail mondial.

L'e-merchandising : le merchandising à l'ère du digital

Les mêmes principes qui gouvernent la mise en rayon physique s'appliquent aux espaces de vente en ligne, mais avec des outils et des mécaniques propres au digital. C'est ce que l'on appelle l'e-merchandising.

Sur un site e-commerce, l'équivalent du facing est la taille et la position de l'image produit dans les pages de listing. Les premiers résultats d'une recherche (le "above the fold" de la page de résultats) sont les têtes de gondole du digital : les produits qui y figurent bénéficient d'un taux de clic et d'un taux de conversion sans commune mesure avec ceux qui apparaissent en page 2 ou 3.

Les moteurs de tri et de filtrage sont les outils de navigation qui permettent aux clients de trouver ce qu'ils cherchent. Leur conception est un enjeu majeur d'e-merchandising : trop peu de filtres frustrent les clients qui cherchent précisément, trop de filtres noient les clients moins expérimentés dans la complexité.

Les recommandations personnalisées ("Vous aimerez aussi", "Les clients ont également acheté") sont le cross-merchandising digital par excellence. Amazon a construit une partie significative de son avantage concurrentiel sur la qualité de son moteur de recommandation, qui génèrerait selon certaines estimations entre 20 et 35% de son chiffre d'affaires.

Conseil

Si vous gérez un site e-commerce, commencez par auditer vos pages de listing avec des outils de heatmap comme Hotjar. Regardez jusqu'où les visiteurs scrollent, quels produits sont cliqués et lesquels sont ignorés. Souvent, 80% des clics vont aux 20 premiers produits affichés. Travailler le tri par défaut (quelle référence apparaît en premier) et la qualité des images principales peut avoir un impact plus fort sur vos ventes qu'une refonte complète du site.

Quelle est la différence entre merchandising et marketing ?

Le marketing est la discipline qui crée la demande : il travaille sur la marque, la communication, le positionnement et attire les clients vers les points de vente. Le merchandising prend le relais une fois que le client est sur place ou sur la page produit : il optimise la présentation pour transformer l'intention d'achat en acte réel. Le marketing fait venir les clients, le merchandising les fait acheter. Les deux sont indissociables mais relèvent de compétences et d'équipes souvent distinctes dans les grandes organisations.

Qu'est-ce que le facing et pourquoi est-il important ?

Le facing désigne le nombre d'unités d'un même produit visibles de face sur un linéaire. Un facing de 1 signifie qu'une seule unité est visible côté client. Un facing de 4 signifie que quatre unités sont alignées côte à côte. Le facing est important car il influe directement sur la visibilité et donc sur les ventes : une étude Nielsen montre qu'augmenter le facing d'1 à 3 peut générer une hausse de ventes de 30 à 50% pour une référence équivalente. Les marques leaders négocient souvent contractuellement des facings minimaux avec les distributeurs.

Le merchandising s'applique-t-il aux services ou seulement aux produits physiques ?

Historiquement centré sur les produits physiques en grande distribution, le merchandising s'applique aujourd'hui à de nombreux autres contextes. Dans les services financiers, la présentation des offres bancaires sur un site web suit des principes de merchandising (quelle offre afficher en premier, comment présenter les garanties). Dans les agences immobilières, la mise en valeur des biens en vitrine relève du visual merchandising. Et dans n'importe quel e-commerce de services, la hiérarchisation des forfaits ou des prestations sur la page tarifaire est un exercice de merchandising à part entière.